Ces dieux

Mythologie celtique

Europe celtique

Les Celtes n’ont jamais formé un empire ni un peuple unique. Sous ce nom, les auteurs grecs et romains désignent un ensemble de populations de langues apparentées qui, du Ve siècle avant notre ère au début de notre ère, occupent une grande partie de l’Europe, de l’Espagne à l’Anatolie et de l’Irlande à l’Italie du Nord. Leur religion ne nous est connue que par fragments, et cette rareté des sources est le premier fait à retenir.

Les druides, rapporte César, refusaient de confier leur enseignement à l’écriture. Les Gaulois n’ont donc laissé aucun texte religieux. Ce que l’on sait de leurs dieux vient de trois côtés. D’abord l’archéologie : sanctuaires, statues et dédicaces d’époque romaine qui livrent des noms comme Taranis, Belenos, Epona ou Cernunnos. Ensuite les auteurs antiques : César, dans la Guerre des Gaules, décrit les dieux gaulois sous des noms romains (Mercure, Apollon, Mars, Jupiter, Minerve) ; Lucain, dans la Pharsale, nomme Teutatès, Esus et Taranis ; Lucien de Samosate décrit Ogmios. Enfin les textes irlandais et gallois du Moyen Âge, rédigés entre le VIIIe et le XIVe siècle par des clercs chrétiens qui transcrivent, en les réinterprétant, des traditions plus anciennes : c’est là que vivent Lug, le Dagda, Brigit, la Morrigan ou Manannan.

Ces trois ensembles ne se recoupent qu’en partie. Le Lug irlandais et le Lugus gaulois portent le même nom, mais rien ne prouve que leurs récits étaient identiques. Des chercheurs comme Georges Dumézil, puis Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, ont cherché des structures communes à l’ensemble celtique ; d’autres, comme Jean-Louis Brunaux, insistent sur les différences régionales et sur le poids de la réinterprétation romaine. L’encyclopédie signale, pour chaque divinité, de quel type de source elle dépend.

En Irlande, le Lebor Gabála Érenn (Livre des conquêtes d’Irlande) raconte l’arrivée successive de peuples mythiques, dont les Tuatha Dé Danann, « les gens de la déesse Dana », qui sont les anciens dieux à peine déguisés. Vaincus par les Gaëls, ils se retirent dans les tertres, les síde, d’où viendra plus tard la figure des fées. Le Cath Maige Tuired (Bataille de Mag Tured) raconte leur guerre contre les Fomoire, puissances hostiles venues de la mer.

Quatre grandes fêtes rythment l’année irlandaise : Samain (1er novembre), Imbolc (1er février), Beltaine (1er mai) et Lugnasad (1er août). Samain, qui ouvre l’année, a laissé des traces dans la Toussaint et dans l’Halloween.

La religion celtique s’est éteinte avec la romanisation, puis la christianisation : dès les premiers siècles en Gaule, à partir du Ve siècle en Irlande. Elle survit dans les toponymes (Lyon est l’ancienne Lugdunum), dans les fêtes, dans des saints qui ont hérité de traits divins, comme sainte Brigitte de Kildare, et dans une littérature médiévale sans équivalent en Europe. Depuis le XIXe siècle, elle nourrit aussi un imaginaire romantique, puis néo-païen, qui lui prête souvent bien plus que ce que les sources permettent d’affirmer.

Les divinités