Ces dieux

Seth

Dieu de l’orage et du désert, meurtrier d’Osiris

Origines

Seth est attesté dès la période prédynastique, sur des objets de Nagada en Haute-Égypte, l’ancienne Ombos (Noubt), dont il est le dieu. Son animal, au museau recourbé, aux longues oreilles droites et à la queue dressée, n’a jamais été identifié avec certitude ; les égyptologues l’appellent simplement l’« animal séthien ». Il règne sur ce qui échappe à l’ordre de la vallée : le désert rouge, l’orage, les oasis, les pays étrangers.

Dans l’Ennéade d’Héliopolis, il est fils de Geb et de Nout, frère d’Osiris, d’Isis et de Nephthys, sa sœur et épouse. Selon Plutarque, il est né violemment, en se déchirant un passage hors du flanc de sa mère. Ce dieu n’est pourtant pas d’abord un démon : à l’Ancien Empire, il est avec Horus l’une des deux puissances qui, réconciliées, constituent la royauté, et certaines reines portent le titre de « celle qui voit Horus et Seth ».

Attributs et symboles

Seth est représenté comme l’animal séthien ou comme un homme à tête de cet animal. Sa couleur est le rouge, celle du désert. Les animaux qui lui sont associés sont ceux que l’Égypte craint ou méprise : l’hippopotame, le porc, l’âne, le crocodile. Le sceptre ouas que tiennent les dieux a une tête d’animal séthien. Il est aussi le dieu de la force physique, et les textes vantent sa vigueur, qui lui vaut d’être chargé de défendre la barque solaire.

Mythes principaux

Seth est avant tout le meurtrier d’Osiris. Les textes égyptiens évoquent le crime par allusions ; c’est Plutarque, qui l’appelle Typhon, qui en raconte le déroulement : le coffre piégé, le corps jeté au Nil, puis découpé et dispersé. Vient ensuite le long conflit avec Horus pour le trône, que le papyrus Chester Beatty I raconte en détail. Seth y perd son procès, mais y gagne une compensation : Rê le prend dans sa barque, où il tonnera dans le ciel.

Car Seth a un rôle positif indispensable. Debout à la proue de la barque de Rê, il transperce chaque nuit de sa lance le serpent Apophis qui veut arrêter le soleil. Sans lui, le monde s’arrêterait. Dimitri Meeks et Christine Favard-Meeks insistent sur cette ambivalence : Seth est un trouble-fête que les dieux ne peuvent pas éliminer, parce que sa force fait partie de l’équilibre du monde.

Culte et postérité

Seth fut honoré à Ombos, dans les oasis du désert occidental et dans le delta oriental, à Avaris, où les Hyksôs, souverains d’origine asiatique, l’adoptèrent au XVIIe siècle avant notre ère en l’assimilant à leur dieu de l’orage Baal. Les rois de la XIXe dynastie, originaires de cette région, lui vouaient une dévotion particulière : Séthi Ier porte son nom, et la « stèle de l’an 400 », érigée par Ramsès II, célèbre l’ancienneté de son culte à Avaris.

À partir du premier millénaire avant notre ère, sa réputation se dégrade. Assimilé aux envahisseurs étrangers, il devient l’ennemi des dieux ; ses images sont martelées dans les temples et son nom est remplacé par celui d’autres divinités. À l’époque ptolémaïque, les rituels d’Edfou le condamnent et le détruisent en effigie. Le dieu réconcilié de l’Ancien Empire a fini en figure du mal, mais cette évolution tardive ne doit pas masquer la place qu’il tint pendant deux mille ans.

Pour aller plus loin

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Sources

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